Notre grande traversée des Alpes

Notre grande traversée des Alpes

Récit d’un road trip aux Dolomites, dans les alpes françaises, italiennes, autrichiennes et suisses.

@pharaon.blanc

Au lendemain du premier confinement, on avait une bonne dizaine de destinations en tête pour s’aérer l’esprit et plus vraiment envie d’avoir l’impression que la salle de l’Elysée, où Macron faisait ses allocutions, était une extension de notre maison. 

Mais dans le contexte sanitaire du moment, les choix de micro-aventures se sont limités. Pas possible d’aller faire notre circuit à vélo à travers la côte ouest britannique, les terres galloises et les paysages accidentés de l’Irlande et de l’Écosse. Puis, il fallait renflouer les comptes en banque, anticiper les complications économiques que pouvait causer la pandémie sur nos revenus, alors on s’est dit qu’il fallait trouver un petit coin de paradis à proximité. Et ça c’est un peu, comment dire, notre spécialité. 

1. Le paradis à proximité

C’est un bel état d’esprit que de chercher le beau, le dépaysant, le sauvage et le nouveau si ce n’est dans notre quotidien, au moins près de chez soi. Cela permet par exemple, dans un contexte complètement fou où l’on serait bloqué à l’intérieur de son pays, de satisfaire ses besoins d’aventure et de liberté. Face à la pandémie, cette qualité s’est avérée être d’une puissance redoutable. Ajoutons également qu’en plus de libérer son coeur et son esprit de certaines maladies, cette philosophie de vie et de voyage soulage l’environnement et le porte monnaie. Pour couronner le tout, elle permet aussi de voyager beaucoup plus longtemps. 

2. Les Alpes : France, Italie, Autriche et Suisse

le départ 

On a tous dans notre esprit un territoire que l’on veut explorer. Le grand ouest américain, les aurores boréales aux portes de l’océan Arctique. Et bien moi, j’avais hâte découvrir les dolomites. 

Il ne m’a pas fallu longtemps pour convaincre Sophia. A vrai dire, je dégage tellement d’émotions quand je parle d’un endroit que je veux visiter, qu’elle craque sous les étoiles qui scintillent dans mes yeux. J’avoue que j’ai également un argument de taille. Je lui propose d’aménager la voiture, de dégager tous les sièges arrières pour nous aménager un lit confortable, de quoi cuisiner et bien-sûr la place nécessaire pour ranger correctement toutes ses belles robes que lui confectionnent sur mesure sa tante du Maroc. Pour Sophia c’est clairement une bonne affaire. Une belle négociation par rapport au voyage à vélo minimaliste que j’avais proposé à l’origine. C’est ainsi que l’on quitte Marseille et nos vacances en famille, en direction  de l’Italie du Nord, des gigantesques Alpes, les dolomites. 

parc national du Mercantour 

Depuis Marseille, on a décidé d’entrer dans les Alpes par le parc national du Mercantour. Un endroit splendide et unique de part sa situation géographique. Entre les Alpes, ses hauts sommets, ses lacs d’altitude et la douceur de climat méditerranéen qui teint d’une belle couleur jaune-orangée les praires subalpines, l’espace protégé du Mercantour c’est un tout autre paysage montagneux que celui du coeur des Alpes et des Pyrénées. Pour profiter pleinement de la montagne, le bivouac est pour nous le moyen optimal. On gare la voiture sur le premier parking du lac d’Allos. Une marche de trois heures nous attend avant d’arriver face au lac et ses pics vertigineux. Sophia et moi chargeons nos sacs de randonnée avec la tente, deux bons sacs de couchage supportants les températures négatives pour la nuit. On y ajoute un collant de peau chacun pour dormir, des wraps aux crudités fait avec beaucoup d’amour et quelques barres de céréales, fruits et autres graines et agrumes séchés pour l’ascension et le lendemain matin. Sans oublier notre litre d’eau chacun qui sera rechargé au file des rivières et des cascades que nous croiserons sur la route. 

A peine les premiers pas réalisés, je tiens déjà ma première photographie. Sophia au pied de la montagne, le gazon brulé par le soleil caressant ses pieds encore tout frais.

Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc

C’est l’une des raisons pour lesquelles je souhaite toujours réaliser les randonnées à pied le plus possible. Car si nous nous étions garé au second parking, beaucoup plus haut, nous aurions raté un certain nombre de moments inoubliables. Et puis, pourquoi s’empêcher de faire des efforts physiques, après tout c’est bon pour la santé, le coeur et l’esprit. 

Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc

Mon tempérament optimiste et romantique sur les bords est vite mis à l’épreuve d’une grosse côte bien raide. Si j’avais oublié que ces aventures étaient toutes nouvelles pour Sophia, cette ascension allait me le rappeler. Mais c’est comme cela que l’on se rapproche et que notre vie de couple se nourrit. Face à l’épreuve, on s’entre-aide, on souffre un peu et on en ressort plus fort avec de beaux souvenirs et quelques crampes. Les premiers mètres sont difficiles. Il faut réhabituer nos jambes à cet exercice mais petit à petit le plaisir devient total. On passe devant notre première cascade et on se mouille de partout. L’eau est si pure en montagne, quel bonheur de pouvoir la boire de nouveau.

Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc

Puis, nous prenons de l’altitude et l’herbe des prairies subalpines est remplacée par des étendues de pins, ce qui a la vertu de donner un peu d’ombre. Le sous-bois est riche. On y voit beaucoup d’abeilles et des papillons devenus si rare dans les villes. Ils sont au paradis ici car accompagnés de fleurs multicolores que même nous, serions tentés de butiner.

Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc

Les kilomètres défilent sous nos pieds. Nous saluons les marcheurs que nous croisons. D’ailleurs, j’aime particulièrement la montagne, la randonnée et plus largement les espaces naturels relativement reculés car les individus qui les peuplent ou qui les visitent sont infiniment plus aimables que ceux des villes ou des plages l’été. On sent dans cet atmosphère la paix et la sagesse qu’imposent l’effort physique et la beauté du paysage sur nos êtres habituellement tourmentés. C’est ainsi qu’un peu avant le coucher du soleil nous arrivons au lac d’Allos. Là, c’est un spectacle unique qui commence. Le soleil couchant colore les pics vertigineux qui surplombent le lac d’une couleur cuivre. On pose les sacs en prenant les pique-niques et on s’assoie sur une grosse pierre suspendue au dessus du vide, le lac, les pics et le coucher du soleil devant nous. En y repensant, c’est digne des paysages du « Roi lion ». Un diner bien mérité s’offre à nous et après une telle marche, on se glisse dans nos sacs de couchage en nous blottissant l’un contre l’autre jusqu’à nous endormir profondément dans l’immensité de l’univers où le ciel, chargé d’étoiles, est notre toit. Il n’y pas meilleure toiture que le firmament. 

Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc

Je ne dors presque jamais aussi bien qu’en montagne. Il y a quelque chose de fondamentalement reposant dans l’immensité. Pour certains, elle peut être angoissante car l’on s’imagine qu’il peut nous arriver le pire quand on est seul au milieu de rien. Autrement, c’est l’inconnu ou le caractère sauvage et brute du paysage qui effraie. Il faut alors travailler à faire le vide dans son esprit et à mon sens, se mettre en capacité de ressentir pleinement chaque élément qui vit autour de nous. Éveiller ses sens et capter l’air frais qui nous caresse. Passer ses mains sur l’herbe fraiche et puis être le témoin privilégié du spectacle de la création. Ces expériences, croyez moi sur parole si vous ne l’avez jamais vécu, sont la porte ouverte à la plénitude quasi inébranlable face à la dureté de la vie. 

direction l’Italie

Après quelques jours de trajet nous arrivons tout excité aux portes des Dolomites. Nous entrons par le sud est l’incroyable « hydro lake ». Ce lac d’origine glacière à l’eau transparente est entouré de hautes montagnes recouvertes d’arbres touffus. Un paysage qui me rappelle le spectacle des îles philippines avec en prime la même température d’eau. Sophia et moi sommes ébahis et nous promenons au bord du lac jusqu’au coucher du soleil.

Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc

Après un petit diner dans le van aménagé pour l’occasion, un petit film, on s’endort dans un sommeil profond pensant à la belle journée qui nous attend demain. Au petit matin c’est malheureusement l’envie d’aller aux toilettes qui nous réveille. On part à la recherche de sanitaires même si, au besoin, on est habitué à se soulager dans la nature. Et là, belle surprise. En longeant le lac on tombe sur un petit camping. On entre et les toilettes sont devant nous. Même si elles sont normalement réservées à la clientèle, on ne peut pas s’empêcher de profiter du petit confort qui nous tend les bras. Bon, on fera bien pire en réalité. On retournera au van, on prendra nos affaires de toilettes et on se lavera dans l’eau bien chaude des douches. La plus part du temps, il faut demander aux gestionnaires du camping si l’on peut utiliser leurs infrastructures et, avec une contrepartie financière, ils acceptent en général. Mais, on ne voulait pas prendre le risque de rater la douche. Inexcusable. 

Propre, et Sophia bien habillée avec les robes de la tata du Maroc, on continue notre chemin vers le coeur des Dolomites. Sur notre route, des paysages tous plus impressionnants les uns que les autres. On est notamment marqué par les imposantes roches nues qui constituent les premiers sommets. Je les trouves plus grosses, plus rondes et plus vertigineuses que les sommets alpins français. Elles ont, je trouve, une consistance et un esprit différent qui les rend à mon sens, uniques dans la région. On s’arrête sans cesse pour les observer, lors d’une randonnée ou sur le bas côté de la route. Les couleurs changent à chaque instant, au gré des nuages, du soleil et de l’orage qui n’est jamais loin.

Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc

Pour la soirée et la nuit, nous avions repéré un lac que l’on savait peu fréquenté et d’après les dires des blogueurs, particulièrement beau. Arrivés au lac après 18 heures c’est être quasi certain d’avoir le coin pour nous seuls. On prépare de quoi cuisiner et le nécessaire pour dresser une belle table devant le lac « tovel ». Une fois sur la rive on est pris de folie par la beauté du site. L’eau transparente au bord apparait d’un bleu turquoise opaque sur l’ensemble du lac. Les pics alpins forment une arène autour de nous et une forêt de pins recouvre les versants. Malgré l’air frais et le froid de l’eau, j’enlève mes vêtements et je saute dans l’eau. Je suis submergé par la puissance du moment que je suis entrain de vivre seul dans l’eau froide devant l’un des théâtres les plus splendides de la création. Mes baignades dans les lacs d’altitudes sont pour moi les plus chargées d’émotions, loin devant les îles paradisiaques que j’ai pu visiter au Brésil et aux philippines. Sophia moins motivée par l’eau, une fois n’est pas coutume, m’attend sagement sur la rive, les jambes croisées, l’air apaisé. Une fois ma baignade terminée, nous mettons de l’eau à chauffer puis préparons un bon plat de pâtes au cheddar, là encore nostalgique de notre voyage passé aux États-Unis. Rassasier devant un tel spectacle et l’un de nos plats préféré, nous sommes reconnaissants de vivre de tels moments et nous nous promettons d’en rechercher sans cesse de nouveaux. 

Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc

Le jour suivant, nous sommes levés aux aurores. Être sur la route à ceci de particulier ; plus de fatigue matinale, seulement une excitation et un émerveillement constant. En descendant la vallée aux routes somptueuses, entre falaises et précipices, nous tombons sur des hectares de vergers où profilèrent oranges et citrons. Les cultivateurs du coin sont déjà debout et inspectent leurs terres. Traverser les dolomites c’est s’offrir un autre visage des Alpes avec sa culture et ses traditions propres. Les chalets des villages sont imposants, bien plus affirmés que ceux que l’on trouve en France, ils dégagent une certaine richesse par leurs ornements, leurs couleurs et leurs tailles majestueuses. Quand nous arriverons en Autriche, nous comprendrons l’héritage architectural de ces bâtisses somptueuses aux aires impériaux. 

Mais l’attraction du jour, c’est notre arrivée à Seceda. Célèbres pics incontournables des Dolomites, ils s’élèvent à 2500 mètres d’altitude. Le site est d’une beauté rare et sans pareille. Un panorama imprenable sur les Alpes s’offre à nous et nous faisons silence face à l’immensité, nos corps bercés par un air froid envoutant. Autour de nous se présente une multitude de paysages qui retiendra notre attention plusieurs heures. 

Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc

La descente était assez marrante. Une pente raide de plusieurs kilomètres nous a fait traversé un bois où l’on fantasmait sur l’arrivée d’un ours ou d’une biche. Hélas pour nous, les animaux sauvages sont semble-t-il plus rares dans notre Europe que dans le nord américain. Des bois nous sommes passés aux fermes et aux vaches bruyantes de par leurs énormes cloches qui sonnaient. Puis, des petits villages de montagnes très charmants apparaissaient aux habitants âgées et fatigués par le travail.

Nous poursuivons la route vers Tre Cime, les trois cimes pour nous arrêter passer les nuit aux abords du lago di landro. Le lac est tout aussi splendide que le précédant. La brume en plus, donne des allures extraterrestres et apocalyptiques. Cette fois, il y a plus de monde aux abords du lac. Plusieurs vans comme le notre sont arrêtés pour la nuit. Avec Sophia nous scrutons chacun d’entre eux en imaginant qu’elle forme pourrait prendre un aménagement définitif de notre van. On se dit qu’il nous faudrait un table et des chaises comme ce couple d’allemands plutôt que d’être obligé de manger sur nos couchage. Ces voyages « test » en van non aménagé sont pratiques. Cela nous permet de saisir quels sont nos besoins réels et de ne pas s’encombrer de futilités dans un espace ci petit. Par exemple, après plusieurs road-trip, on s’est rendu compte que la douche n’était pas un élément indispensable dans l’usage que nous avons du van. En effet, il est pour nous toujours possible de se laver aux points d’eau que l’on trouve, soit dans la nature (lac, cascade…) ou aménagés (station service, toilettes…). Et puis, il est possible d’aménager un petit dispositif de douche solaire ou d’une simple pommeau avec un rideau à l’extérieur de la voiture. En revanche, la cuisine aménagée est un élément essentiel. Cela permet de bien se nourrir, de faire des plats relativement élaborés pour nos petits plaisirs, pour se maintenir en bonne santé et pour éviter les dépenses de plats préparés et autres aliments modifiés. Cette petite balade et nos prospectives d’aménageur de van ont presque failli nous faire oublier cet endroit resplendissant.

Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc

arrivée en Autriche

Après ces quelques jours magiques aux Dolomites, Sophia et moi étions excités de découvrir un nouveau pays et une région enchantée, l’Autriche et le Tyrol. Comme tout voyageur, le simple fait de passer une frontière est pour nous une petit si ce n’est une immense exaltation. Heureux et curieux de découvrir quelque chose de nouveau, de différent et dans retirer un savoir, une sagesse, un souvenir. 

Quand nous voyageons c’est Sophia qui se charge des infos pratiques. Quitte à être un peu procédurière, il vaut mieux le mettre à profit pour connaitre les règles du pays dans lequel on se plonge plutôt que s’attacher à savoir où exactement nous allons. C’était pour Sophia quelque chose de nouveau cette vie de nomade, d’imprévus et de découverte géographique. Pour moi cela passe notamment par le fait de se laisser guider par l’inconnu et son intuition. Au début c’était compliqué pour Sophia qui n’était pas très à l’aise avec ce mode de voyage. Petit à petit, au et à mesure des bonnes expériences et encore une fois, de l’engouement que cela suscite chez moi, elle s’est laissé conquérir. Petit à petit. Puis, Sophia à réorienter sa quête des infos pratiques vers des éléments très utiles pour le voyage. Elle a notamment découvert par ses recherches qu’il fallait obligatoirement une vignette pour circuler sur les principaux axes routiers autrichiens, au quel cas nous nous exposions à une petite amende. Alors, la première chose que nous avons faites une fois la frontière passée, c’est de s’arrêter à une aire autoroutière pour s’acquitter de cette vignette à 10 euros (pour 8 jours). 

La pâte de Sophia dans nos voyages c’est aussi son gout pour la visite des villes se trouvant sur notre itinéraire. Pour cela nous sommes bien souvent sur la même longueur d’onde car moi également j’affectionne ces visites. De fait, après une semaine passée dans la nature, nous avions décidé de dédier une journée entière à la ville d’Innsbruck au beau milieu de l’Autriche. Elle nécessite pas spécialement plus de temps. On y a trouvé des maisons de toutes les couleurs, une fleuve traversant la ville et les montagnes qui dominent le paysage. Innsbruck c’était pour nous l’occasion de trouver des bonnes glaces et de faire les gourmands. On a arpenté les rues du vieux centre très charmant, les églises qui y sont implantés puis les quartiers. C’était particulièrement plaisant de découvrir une architecture très différente de celle que l’on connait en Europe de l’ouest et du sud. A Innsbruck les bâtiments comme les maisons sont immenses et imposants. On découvre les restes de l’Empire austro-hongrois et de l’URSS. Les quartiers riches sont occupés par des maisons tendant vers des manoirs. C’était particulièrement beau et on a apprécié cette visite d’Innsbruck. 

Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc

L’Autriche est un petit pays et nous avions décidé quitter la ville le soir même pour camper dans la nature riche du Tyrol autrichien. La petite centaine de kilomètres qui séparait Innsbruck de Blindsee, spot pour la nuit, a été fantastique à traverser. On a directement plongé dans la campagne vallonée et bien verte et arrosée. C’est une région très mignonne qui donne l’impression d’être dans un endroit enchanté. Des petites cabanes en bois et des clochers ressortent d’une carte postale à l’herbe lisse et vert foncé. Quand on est en road-trip, on s’arrête souvent sur le bord de la route pour prendre des photos et je crois qu’on l’a jamais fait autant que dans Tyrol. 

Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc

Alors que l’on avait élu domicile sur un parking avec vue sur le lac Blindsee, une policier autrichien vient toquer à notre porte aux alentours de minuit. Nous étions plongés dans notre film et c’est plutôt flippant d’être réveillé par une torche et des coups dans la portière… On commence à en avoir l’habitude au et à mesure des road trip. L’agent de police nous dit qu’il est interdit de dormir dans son véhicule hors espaces dédiés dans le Tyrol. On risque selon lui 150 euros d’amende chacun. Mais lorsqu’il comprend qu’on n’est que de passage et que nous parlons pas allemand, il nous indique gentiment d’aller à la frontière allemande, en Bavière et dormir dans un spot là-bas. Je l’ai d’abord regardé avec insistance en lui demandant de bien vouloir répéter. Je me disais qu’on allait quand même pas aller jusqu’en Allemagne pour terminer notre nuit et revenir le lendemain matin. Il m’a ensuite rassuré en m’expliquant que ce n’était qu’à 20 minutes d’ici. L’Autriche c’est vraiment petit. 

Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc

On est donc allé passer la nuit en Allemagne et même cette conduite entre deux parties d’une même nuit fût agréable. Traverser une foret de pins vertigineux à la lumière des phares, sous la pluie, en pleine nuit, c’est digne d’une bon thriller mais on a aimé ce moment. C’était facile de trouver un spot pour la nuit grâce à notre fidèle compagnon de voyage : l’application ioverlander. La télécharger c’est bénéficier des conseils précieux des autres internautes. Ils sont des millions à utiliser l’application partout dans le monde. On l’avait beaucoup utiliser aux États-Unis et elle fonctionne très bien en Europe également. L’application permet d’avoir la localisation d’un endroit où passer la nuit, en tente, en voiture, dans un camping ou un espace naturel public. On sait également si il y a des toilettes, de l’eau, de l’électricité, à manger etc… On s’est donc arrêté juste après la frontière pour reprendre notre nuit de sommeil. 

Le lendemain et le surlendemain nous avons donc visité le Tyrol, cette vaste région à cheval avec l’Italie. C’était formidable de se balader dans les petits villages et de profiter des chemins de randonnées et de VTT. Il y en a partout et c’est bien là le seul endroit où nous avons vu du monde. Dans cette partie de l’Europe, les gens sont très sportifs et ont une grande pratique des espaces verts. On s’est vraiment senti dans notre élément. On peut donc vous conseiller d’y aller et notamment de vous arrêter aux bords et sur les hauteurs des lacs de la région qui sont tous splendides. Faites aussi une petite balade à Holzgau et passez par dessus le pont suspendu. Sensation garantie et vue imprenable. 

Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc

Ce soir là, nous avons trouvé un super petit camping face à la montagne tenu par des autrichiens francophone, merci ioverlander. C’était plutôt chic, des bonnes douches bien chaudes et une connexion wifi pour suivre la ligue des champions et Barcelone Bayern Munich, 2-8, quelle journée magnifique !

et maintenant la Suisse

Après deux nuits dans le Tyrol, nous commençons à reprendre la route en direction France où nous devons être dans quelques jours. Passage obligatoire par la Suisse. Même si j’avais déjà visité une partie du pays, j’étais surtout resté dans la partie ouest et francophone. Là-bas, pas de quoi m’écarquiller les yeux et je fantasmais depuis longtemps sur l’est du pays comme sur le Tyrol et les Dolomites. Comme souvent pour les espaces naturels, c’est moi qui suis en charge de trouver les spots et les randonnées. Sophia c’est les villes et les infos pratiques vous l’aurez compris. Donc, je me subjective chaque fois en guide du coin, je présente la région, les caractéristiques géographiques, sociales et j’explique depuis quand je rêve d’aller là où l’on va. Je suis heureux de partager tout cela avec Sophia, de la voir transpirer et grimacer pendant les longues randonnées au dénivelé positif. J’aime l’entendre dire « on est bientôt arrivé duni ? » alors qu’elle sait pertinemment que l’on est loin du compte. Finalement, c’est extraordinaire de découvrir autre que virtuellement ces espaces magnifiques avec la personne qu’on aime. Je suis content de lui partager tout ça.

Après l’Autriche donc, nous avons mis le GPS direction Seealpsee. Un lac encore une fois couronnés de pics somptueux. La route entre l’Autriche et la Suisse et Seealpsee est incroyable et la plus belle depuis notre départ. De la moyenne montagne, des plateaux, des vastes champs bien verts et beaucoup de pistes cyclables. Cela nous donne envie de revenir ici à vélo. Les petits villages suisse de montagne et les maisons sont vraiment mignons. Des petits trains traversent la campagne à toute petite allure. On se croirait au siècle dernier. On aurait pu passer des jours dans cette région à flâner, randonnée, lire des livres sous le soleil mais le temps nous était malheureusement compté cette fois ci. En arrivant à au point de départ de Seealpsee il y avait beaucoup de voiture. Nous nous sommes garés sur un parking organisé par les locaux moyennement la somme de 10 euros mais étant donné que nous n’avions pas cash, l’hôtesse nous en a fait grâce. Très sympa ces suisses. Nous nous sommes lancés pour ce qui allait être notre dernier bivouac des vacances. Seealpsee est une randonnée facile, longue d’une heure et demie. Une fois l’ascension terminée nous arrivons dans une vallée avec quelques chalets, des vaches et la magnifique lac de Seealpsee. L’eau toujours transparent me donne envie de ma jeter dans l’eau et c’est ce que je fais. Qu’est-ce-qu’elle est froide. On passe l’après-midi à nous prélasser laissant les derniers randonneurs quitter les lieux.

Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc
Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc

Le soleil couchant on pique la tente face au lac et nous plongeons dans une belle nuit de sommeil clôturant ainsi notre road trip comme nous l’avons commencé. 

Zakaria Hamdani Photography @pharaon.blanc

Laisser un commentaire