L’article 24, introduisant l’interdiction de filmer la police, est adopté

L’article 24, introduisant l’interdiction de filmer la police, est adopté

L’assemblée compte 577 députés, seulement 182 étaient présents et ont voté la loi. 146 d’entre eux ont voté pour, 24 ont voté contre.

Edwy Plenel, journaliste à Médiapart, écrivait un article le soir de l’adoption, on revient sur quelques points essentiels.

L’article 24 rend plus difficile, voir impossible la prise et la diffusion d’images de crimes policiers.

Cet article permet désormais à l’Etat de cacher les illégalités qu’il commet, d’étouffer les injustices, les inégalités et les abus de pouvoir dont il est déjà trop souvent le nom. Cet article en même temps qu’il prive les journalistes du droit d’informer, il nous prive aussi, en tant que citoyen.nes du droit de savoir. Cet article est synonyme du d’une négation du droit d’informer, de faire savoir et faire connaître, d’alerter et de contester.

Préserver la diffusion d’une information indépendante est essentiel. Il est d’autant plus essentiel lorsque cette information questionne, bouscule, le pouvoir en place. Il faut préserver une démocratie qui échange, qui n’est pas toujours d’accord, qui questionne, qui se questionne, une démocratie vivante et vibrante, capable de représenter la richesse de toutes nos identités qui la compose.

En l’espace de quelques semaines, en votant une loi de rupture, celle sur le “séparatisme”, puis hier, la loi de “sécurité globale”, notre gouvernement renverse deux piliers démocratiques. La première loi s’en prend à la liberté de s’exprimer en stigmatisant les opinions, les prises de paroles, les actions qui émergent des “minorités”, la seconde s’attaque à la liberté d’informer, de montrer ce qui pose problème.

“Si ces textes sont adoptés, ce ne sera plus le règne de l’arbitraire, des manifestations empêchées, des protestations réprimées, des violences illégitimes, des états d’urgence prolongés, etc. Non, c’en sera la consécration officielle, légale, définitive. Un arbitraire permanent, incontesté et incontestable. Un arbitraire devenu notre ordinaire.” EDWY PLENEL

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