Quoi ? Tu sais pas faire le Couscous ?!

Quoi ? Tu sais pas faire le Couscous ?!

« À bientôt 30 ans, je n’ai jamais préparé de couscous, je n’ai jamais fais de pain maison, ou de gâteaux “arabes” 😰 cela n’a jamais été un centre d’intérêt principal pour moi du coup je ne me suis jamais forcée à cuisiner ce type de plats. Je suis une adepte de la cuisine simple et rapide. Paradoxalement, cela peut parfois me peser. Il n’y a pas un jour où je ne me dis pas que j’exagère avec mes plats super simples ! Si demain je suis amenée à me marier  et avoir une belle famille d’origine maghrébine, que vont-ils penser de moi ? Cuisiner pendant des heures des bons petits plats maison comme nos mamans l’ont fait, ça serait super d’avoir cette patience, ce talent. Peut-on être femme moderne coquette et cordon bleu dans notre société actuelle ? Pourquoi portons-nous cette charge mentale, provient-elle de notre éducation ? Indirectement, certainement.»

Si tu t’es reconnu dans ces quelques lignes, tu peux continuer la lecture sereinement hahaha…

Au sein de certains foyers d’origine Maghrébine, l’image de la Femme est construite à partir de critères que l’on a bien souvent du mal à comprendre…

Je suis une Femme d’origine Marocaine, ayant bercée dans la double culture (franco-marocaine), n’ayant grandi qu’avec des gens qui me ressemblaient. 

Mon père travaillait dans un bureau, ma mère avait un emploi qui lui permettait de travailler depuis la maison. Tous les midis, lorsqu’on rentrait de l’école – ou du travail pour mon père – nous avions une table dressée : une grande assiette au milieu de la table, du pain et de la salade… Tout pour nous régaler ! C’était normal d’arriver et de mettre les pieds sous la table.  Le soir, c’était pareil ! La seule chose que nous étions obligées de faire (avec ma soeur), c’était débarrasser la table et faire la vaisselle. Cette routine a duré des années et des années, les seules fois ou je mettais la main à la pâte, c’était moi qui le réclamait ! Je finissais toujours par regretter: lorsque je proposais mon aide à ma mère, elle me confiait les tâches les moins intéressantes : couper des oignons, éplucher des PDT, couper des tomates… je faisais des choses sans intérêt, je ne l’aidais jamais à concocter les magnifiques mets qu’elle nous servait. 

Je me souviens que quand j’étais au lycée, j’avais des amies d’origine marocaine qui savaient faire des tajines, des plats en sauces et plein d’autres plats maghrébins. J’étais impressionnée par ces filles que l’on appelait entre nous pour rire « femmes à marier ». La seule chose que je savais faire au même âge c’était un gâteau au chocolat…

En y repensant… « Femme à marier ! », on se mettait en tête qu’une Femme, pour être complète, devait savoir cuisiner. D’où vient ce raccourci ? Inconsciemment on acceptait ce critère comme faisant partie des fondamentaux…

Un jour, j’ai dû quitter le domicile familial pour aller faire mes études à quelques centaines de kilomètre de chez mes parents. J’étais toute contente à l’idée de vivre cette expérience, je n’ai pas pensé une seule seconde au fait que j’allais devoir me nourrir seule. Je ne savais absolument rien faire à l’époque ! J’étais dans une résidence universitaire et c’est dans la cuisine commune que j’ai appris à faire des pâtes en observant les autres ! J’ai du apprendre à cuisiner par la force des choses. Je n’ai jamais vu ça comme un défi à surmonter ou un obstacle dans ma vie…

Dans sa vie, mon père a été chef cuisinier en France et ma mère est un véritable cordon-bleu, à l’aise dans toutes les cuisines du Monde. Nous avons toujours bien mangé à la maison, des plats équilibrés, jamais trop gras, trop salés ou trop fades… Autant vous dire que nous avons eu une très bonne culture culinaire. Bien sur, lorsque je les aidais en cuisine (même si j’avais le rôle de commis)  ils me donnaient les bon gestes à adopter : comment tenir un couteau, comment couper les aliments de façon minutieuse et régulière… 

Bref ! J’avais tout pour savoir cuisiner mais je ne savais pas cuisiner. Avec le recul, je me suis posé la question… n’est-ce pas un privilège que j’ai eu ?

Je m’explique… J’ai compris plus tard que mes amies, celles qui savaient cuisiner, les « femmes à marier », n’avaient pas de passion pour la cuisine. Si elles savaient cuisiner, c’était parce qu’elles n’avaient pas eu le choix. C’était leur rôle… Mais… qui leur avait assigné ce rôle, dès l’âge de 16 ans ?

Leurs mamans travaillaient en horaires décalés, c’était à elles (mes copines) de nourrir leurs petits frères, leurs soeurs, parfois leurs papas… Il fallait qu’elles sachent se servir d’une cocotte, manier le couteau, connaître les temps de cuisson… Etc. 

Est ce qu’elles étaient d’accord pour ce rôle ? Je ne sais pas.

J’imagine, que leur maman pensait bien faire. Après tout, une femme pour se marier, doit savoir cuisiner… Ah bon ?

J’ai failli y croire moi aussi ! Comme je le disais, j’ai appris par la force des choses, et ça ne me déplaisait pas. Au contraire, je pouvais varier les plaisirs et au bout de deux ans, j’avais mon petit répertoire personnel, j’avais deux trois recettes basiques que j’étais sûre de ne jamais rater. 

Finalement, j’étais « décomplexée » à ce niveau là, je ne me demandais pas si je savais cuisiner, je faisais des choses simples, des choses que j’aimais. 

Pourtant, quand j’avais envie de plats traditionnels, je n’avais qu’une hâte: c’était de rentrer chez mes parents pour les déguster ! Il ne m’est jamais venu à l’esprit que ces plats que je sacralisais étaient réalisables. Loin de moi l’idée de plonger le lecteur dans un océan de clichés, mais… quand je parle de plats traditionnels je parle de Couscous, de Tajines, Rfissa, Pastilla, Djej mhammar (les fameux poulets que l’on sert au cours des mariages marocains)…. J’avais mon rituel, un vendredi matin sur deux, j’envoyais un sms à ma mère en lui faisant part de mes envies culinaires dans le but d’inspirer sa cuisine du weekend (ça ne marchait pas toujours….).

Et puis un jour, quelques années plus tard, je me suis dit, pourquoi pas moi ? Je m’explique : j’adore la cuisine asiatique, si je pouvais en manger tous les jours je ne m’en priverais pas ! Mon statut d’étudiante ne me permettant pas d’aller de resto en resto, je me suis dis que si cette cuisine me plaisait tant, je n’avais qu’à apprendre et faire moi même. Aussitôt pensé aussitôt réalisé ! Pour le plus grand plaisir de mes papilles gustatives, j’apprenais à réaliser tous les plats asiatiques que j’adulais avec succès.  Pourtant, je ne m’étais jamais dis qu’il était possible de faire la même chose pour la cuisine traditionnelle de mon pays d’origine.. 

Et puis un autre jour, j’ai eu envie de manger un plat de mon pays, j’ai cherché la recette, je l’ai réalisée, et à ma plus grande surprise, c’était une franche réussite. Moi qui étais sûre que ce type de recettes se transmettait de mère en fille sur plusieurs générations ! J’ai commencé par un tajine très basique, ensuite j’ai tenté de faire un plat plus élaboré, petit à petit j’ai gravi les échelons de la cuisine sacrée de ma mère, ma grand-mère, mon arrière grand-mère… Désormais quand j’ai envie de quelque chose, je le fais. 

Aujourd’hui, cuisiner fait partie de mes passions, je pense d’ailleurs que c’est parce qu’il s’agit d’un plaisir que mes plats sont réussis. Je ne me force jamais à cuisiner comme l’ont pu faire nos parents, nos grand-parents. 

L’important, selon moi, est de garder à l’esprit que le temps que l’on possède est précieux, il ne me viendrait jamais à l’esprit de perdre une après-midi complète en cuisine par contrainte ou obligation ! Si j’ai envie de cuisiner, je sais ce que cette pratique va me procurer alors je la réalise avec plaisir même si cela doit durer une journée ou plus ! 


Anonyme !

204 comments

My husband and i have been absolutely joyous that Michael managed to deal with his web research out of the precious recommendations he received while using the blog. It’s not at all simplistic just to happen to be releasing instructions that many others may have been trying to sell. And we all know we have got the blog owner to thank for this. Those illustrations you’ve made, the easy site menu, the friendships you can aid to foster – it’s got all awesome, and it’s assisting our son in addition to our family believe that that issue is enjoyable, which is certainly incredibly serious. Thanks for the whole lot!

Laisser un commentaire