Comprendre et que faire face au racisme et aux crimes policiers

Comprendre et que faire face au racisme et aux crimes policiers
Amine MELOUA @WahranB

Comprendre et que faire face au racisme et aux crimes policiers

L’acteur américain Will Smith a dit récemment que le racisme et les crimes policiers n’étaient pas nouveaux. Ce qui change, c’est qu’aujourd’hui, ils sont filmés.

En disant cela, l’acteur met en avant un élément essentiel de la question du racisme et des crimes policiers. Il dit en réalité que cela dure depuis très longtemps et que finalement ces violences sont profondément inscrites dans notre système social, économique et politique. Quand des événements ont lieu à répétitions depuis plusieurs décennies voire plusieurs siècles, ils sont dits « systémiques » et « structurels ». Ils sont donc ancrés dans le monde dans lequel on vit. Ils font partis de notre quotidien. Le racisme et les crimes policiers ont resurgi notamment avec l’assassinat de George Floyd et celui d’Adama Traoré mais il est capital de prendre conscience de leur existence à chaque instant afin que nous vivions éveillé, que dans notre travail, dans nos études, dans nos engagements associatifs, sur notre temps libre, nous participions à réduire cette violence et à combattre le racisme et les crimes policiers.

Amine MELOUA @WahranB

Crimes policiers, savoir de quoi on parle :

Comprendre les mots qu’on utilise c’est indispensable pour espérer lutter contre la violence, contre le racisme, pourquoi ? Quand on veille à utiliser les bons mots, on va au bout de la réalité de la chose, on comprend mieux les enjeux qui se cachent derrière les mots et aussi les pièges dans lesquels on peut tomber quand on les utilise. Par exemple, pour le cas des « violences policières », Geoffroy De Lagasnerie explique les raisons pour lesquelles il est plus juste de parler de « crimes policiers » :

« l’usage du terme « violences policières » présente un défaut majeur. Il consiste à appliquer le terme « violences » aux comportements des forces de l’ordre uniquement lorsque ces comportements semblent échapper à la procédure normale ou pour désigner des moments où la brutalité est particulièrement choquante. La catégorie « violences policières » suppose implicitement de ne pas définir comme violent ce qui est légal, ce qui est normal, ce qui est institué : le contrôle d’identité, l’arrestation, la séquestration, la mise en détention, le menottage. Toutes ces actions sont par définition violentes. Mais on ne les appelle pas « violences policières » et on ne les dénonce pas comme telles parce qu’elles sont légales, ordinaires, parce qu’elles sont inscrites dans les procédures, parce que nous y sommes habitués ».

Si on récapitule, quand on parle de « violences policières » pour George Floyd et Adama Traoré, on oublie de dénoncer les contrôles au faciès que beaucoup de noirs, d’arabes et de jeunes de banlieues subissent au quotidien. De cette façon, on n’est pas suffisamment critique et on tolère en quelques sortes ces pratiques qui sont violentes. Il faudrait alors parler de « violences policières » pour désigner les actions menés par la police dans les quartiers au quotidien et parler de « crimes policiers » pour dénoncer les assassinats, les coups et les blessures exercés par la police etc.

Que faire face aux crimes policiers ?

Les crimes policiers, les violences et affrontements produits par la police existent depuis longtemps et pourtant rien ne change. En France, en 2005, des émeutes et des révoltes ont émergé pour dénoncer l’assassinat par la police de jeunes noirs, arabes et issus de quartiers populaires et pourtant, en 2020, la situation ne semble pas s’être améliorée. Aux Etats-Unis, ce que dénonçaient dans les années 1960, Martin Luther King et Malcolm X, est également en 2020, toujours d’actualité. Néanmoins, malgré les 60 années qui ont passé, les discours des défenseurs des droits humains et civiques afro-américains portent en eux les méthodes, les réflexions et les actions nécessaires pour réagir et agir devant les crimes policiers, le racisme et la violence d’Etat. 
Bien sûr, il faut manifester, il faut sortir dans la rue, s’exprimer sur les réseaux, dans les espaces médiatiques, au lycée, à l’Université, dans le monde professionnel et associatif. Mais au bout d’un moment, s’exprimer c’est bien, c’est beau, c’est important mais ce n’est pas suffisant. Il faut alors être capable d’agir politiquement et socialement. Il faut non plus se plaindre mais se lever, critiquer et construire des réponses nouvelles, des formes d’organisations, d’actions et de comportements. Il faut changer notre vie quotidienne et l’investir de propositions et de projets qui vont venir déstabiliser le pouvoir dominant en ce qu’il a de violent, en ce qu’il produit de racisme et des crimes policiers.

Il faudrait donc que certain d’entre nous et même chacun d’entre nous, ait bien conscience que ces crimes policiers, ces violences d’Etat et ce racisme ne se limitent pas à l’assassinat ou aux violences portées sur les individus mais font parties intégrantes de notre société. De cette manière, agir face aux crimes policiers c’est agir contre le racisme dans la société en générale, c’est agir contre un système qui renforce la discrimination, les inégalités, l’assistanat.
Pour lutter contre cela, il est capital de se doter d’une autonomie dans notre vie quotidienne par l’intermédiaire d’associations et de collectifs comme « La vérité pour Adama » qui viennent contester le fonctionnement de l’Etat, de la police, du système judiciaire. Il est capital se doter d’une autonomie dans notre vie quotidienne par l’intermédiaire d’individus comme toi, comme moi, comme lui, comme elle, pour que nous puissions produire de la pensée, de la critique, des intellectuels, des journalistes, des chefs d’entreprises, des travailleurs sociaux, des enseignants, des employés qui ne rabattent, ni ne subissent le racisme et la violence dans la société. Il faut que nous soyons capables d’utiliser la loi, d’utiliser les médias, les institutions, l’Ecole, l’Université, à notre avantage. Par exemple, il y a Rennes un centre d’information incontournable qui offre aux jeunes un accompagnement et des financements pour construire leurs projets, pour accéder à des formations, à des sorties culturelles. Ce centre peut jouer un rôle important dans la construction d’un individu, dans son autonomie, dans son émancipation. Ce centre incontournable est connu de tous à Rennes, il est ouvert à tous. Pourtant nombre de dirigeants associatifs rennais venant des quartiers populaires ne connaissent pas cet endroit et de fait, les jeunes de ces quartiers non plus ne le connaissent pas. Résultat, les jeunes de quartiers populaires, les jeunes qui subissent le plus le racisme et les violences ne sont pas visibles dans ce centre, ils bénéficient moins des accompagnements et des fonds capables de permettre la réalisation de projets qui contribuent par leur simple existence à diminuer le racisme, la violence ou l’invisibilité des jeunes noirs, arabes et issus de quartiers dans le monde social.
Agir face au racisme et face à la violence, c’est alors s’investir en tant qu’individu dans ces espaces là et créer des projets, accompagner les jeunes pour qu’ils puissent être représentés, être présents et eux-mêmes attirés d’autres jeunes. Les projets n’ont pas besoin de traiter directement du racisme ou des violences qui existent dans le monde. Les projets peuvent en apparence, rien n’à voir avec ces questions, ils ont juste besoin d’exister.

Fiche technique

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Amine MELOUA @WahranB

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