3 jours en haute montagne

3 jours en haute montagne

C’est le type d’expérience dont nous rêvons sans pour autant la tenter !

3 jours, seul, au milieu des Alpes, sans eau, sans électricité… Une vraie évasion, un réel sentiment de liberté.

L’été arrive, après notre article sur le désert des Bardenas, on vous invite à un autre type d’aventure. Bonne lecture !

J’ai commencé mon périple bien loin des Alpes, chez moi, en Bretagne. A l’époque j’avais 17 ans. Je venais tout juste d’avoir mon permis donc pas de possibilité de louer une voiture. Pour se rendre en montagne c’est toujours un peu compliqué quand on est pas véhiculé. Pas de gare/train pour aller jusqu’au point de départ de la rando.

J’ai donc opté pour la meilleure option en montagne, l’autostop. L’autostop fonctionne plus ou moins bien selon les pays, selon les régions mais dans les Alpes, ça fonctionne à 100%. Je ne suis jamais resté sur le bas côté plus d’une demie-heure et je suis tombé, chaque-fois, sur des personnalités chaleureuses, inspirantes. L’autostop c’est avéré le moyen le plus rapide de rejoindre les lieux reculés et offre en plus une belle dose d’adrénaline.

Finalement, j’arrive bien à destination.
Équipé de mon sac à dos, de nourriture (des barres de céréales, du beurre de cacahouète…) et d’un peu d’eau, je chemine durant trois jours, les chemins de randonnées de la commune de Montsapey, dans les Alpes. En prenant garde à la météo, je me fais tout de même bien arroser à mon arrivée, ce qui me force à poser ma tente dans un endroit sec à l’entrée du parcours. Par chance, je suis au bord d’un ruisseau, ce qui me permet d’avoir de l’eau fraiche et une berceuse pour m’endormir.

Là, le syndrome du premier jour en pleine nature me frappe. J’ai 17 ans, je débute en aventure et ce qui m’est arrivé au Brésil, ce qui m’est arrivé aux Philippines, me tombe dessus pourtant pas si loin de chez moi. Tout seul dans ma tente humide, au beau milieu de sommets toujours un peu enneigés, je me dit : « mais pourquoi j’ai fait ça ? Pourquoi j’ai voulu quitter mon lit confortable, mon chez moi, ma cuisine, mes toilettes, ma connexion internet ? Pourquoi ?
Quand t’es seul, là où rien ne peut te distraire, les premiers moments sont durs car notre esprit n’a pas l’habitude d’être dépourvu de distractions.
Je m’endors donc avec ces petits tourments, en pleine nature !

Le lendemain, j’entame l’ascension jusqu’au Lac Noir. Je me lève avec le soleil, rafraichi par la brise matinale. La température ne dépasse pas 10 degrés ce matin. Le ruisseau me permet de faire ma toilette, même si l’eau est glaciale. Le brossage de dents attaque les gencives.

Je m’élance sans plus tarder dans une marche périlleuse puisque mon sac pèse environ 15 kilos… Ralenti par la chaleur et le poids je fais plusieurs étapes près des points d’eau. Je mange quelques fruits secs et repars en direction du Lac Noir. Ainsi je gravis plus ou moins 1000 mètres en passant devant différents étages de végétations. Je découvre un univers riche en faune et en flore qui m’était jusqu’à présent inconnu. C’est splendide des voir des centaines de fleurs multicolores, des pays papillons si rares qui survolent la montagne.

Quelques heures plus tard, j’atteins l’état d’extase. Je suis entouré de nuages m’empêchant de voir à plus de 15 mètres. Le paysage parait extraterrestre, lunaire, couvert d’herbes et découpé par de nombreux ruisseaux. Les nuages eux, n’en font qu’à leur tête. Ils volent devant moi à une vitesse hallucinante et modifie le paysage à chaque instant. A ce moment là, c’est très important de bien suivre le chemin balisé car s’en éloigné c’est risquer de se perdre.

Quelques mètres plus loin, je suis au Lac Noir. Soulagé d’avoir atteins mon but avant la tombé de la nuit, je peux enfin souffler et poser mon backpack. Je pique ma tente devant le lac, seul, en pleine nature.
De l’autre côté de ma tente, c’est grandiose. Une falaise donne sur la vallée et offre un levé et un couché incroyable. Les couleurs du soleil se mélangent aux nuages et dessinent à chaque instant, un nouveau tableau.

Une fois reposé, j’essaie de saisir le moment présent à l’aide de mon appareil et de ma caméra, puis j’ouvre mon esprit à la méditation et me plonge dans une lecture passionnante : « America Deserta ». C’est l’histoire d’un ethnologue passant 6 mois par an dans un désert. Dans ce livre, il décrit son aventure à travers le continent américain. Il a réussi la traversé de plusieurs déserts avec ses deux cheveux et en se nourrissant uniquement de ce qu’il y avait sur place : comme les indiens à l’époque.

C’est en lisant ces lignes que je m’endors. La nuit est glaciale, je dors très peu, la température doit être proche de 0°. Même au mois de juillet, à 2000 mètres d’altitude il fait toujours froid la nuit. Pour me réchauffer je fais des séries de pompes, des abdos, du gainage. Je n’avais pas prévu de vêtement chaud.
Avec mon expérience, je sais aujourd’hui que pour les rando en haute montagne, il faut sac de couchage qui supporte confortablement les températures négatives.

Cette escapade me permet de passer par une multitude de sentiments en très peu de temps. De la difficulté au bonheur, de l’épreuve à la tranquillité, mon corps et mon esprit ont fait le plein d’énergies nouvelles.

Partir sillonner les Alpes, les Pyrénées, le Jura, les Cévennes, c’est un bon moyen de s’évader cet été. De prendre le temps de se (re)découvrir.

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