Les stages de langue à l’étranger 

Les stages de langue à l’étranger 

Les stages de langue à l’étranger : voyager en s’instruisant – une première étape pour s’initier aux voyages ! Par Hemeury Gaëlle.

Coucou, moi c’est Gaëlle, je suis étudiante et enseignante de français et de langue arabe. Dans le cadre de mes études de langue et d’histoire j’ai développé avec curiosité et enthousiasme un profond intérêt pour les régions MENA (Middle East and North Africa-Moyen Orient et Afrique du Nord).

Attachée à la déconstruction des représentations et à la compréhension des sociétés, j’ai décidé afin d’améliorer mon niveau en langue arabe et découvrir par moi-même de voyager au « Maghreb » et en « Orient ». A cet effet je me suis donc rendue à plusieurs reprises au Maroc, en Algérie, au Liban et en Jordanie, seule la plus part du temps.

Il n’a pas été évident de sauter le pas. J’avais très envie de voyager et en même temps j’envisageais des pays qualifiés par les gens comme « incertains ». Je consultais la carte du Ministère des affaires étrangères qui classait parfois presque tout le pays en rouge (zone déconseillée) en raison de la guerre en Syrie et en Irak, de la présence de groupes terroristes ou encore de tensions latentes avec Israël.
Afin de rassurer mes proches et de me rassurer un peu moi aussi, j’ai décidé d’allier séjour linguistique et séjour à l’étranger. Mon idée était de bénéficier de cours pour améliorer mon niveau en langue arabe, de bénéficier également d’un cadre référent, tout en visitant et voyageant au sein du pays lors de mes temps libres. C’était à mes yeux le bon compromis : je répondais à mes attentes et je rassurais tout le monde. De plus, j’avais déjà accompagné une amie qui effectuait un stage de langue à Beyrouth. J’avais donc observé comment se déroulait un stage et pris l’habitude de m’organiser à l’étranger. Je m’étais ainsi rendue compte que j’étais capable de « faire ma vie » dans une autre langue que la mienne et de sortir de ma zone de confort sans que cela me perturbe. Ce premier séjour avait surtout nourri ma soif de voyage et de découverte.


Juillet 2017 fut le premier grand départ : un mois en Jordanie, à 5000km de la France, seule ! Je ne vous cache pas qu’au moment de monter dans l’avion je me suis refaite toutes les conversations où je disais très sûre de moi « cet été je pars en Jordanie »/ « Mais non n’est pas peur, c’est un pays calme au Moyen-Orient »/ « Il y’a beaucoup de femmes qui y voyagent seules »…et je me demandais surtout mais pourquoi t’as pris un billet d’avion ? Je me rendais compte que j’avais pris ma décision seule et que maintenant j’allais devoir en faire la preuve. Mes doutes et inquiétudes se sont vite estompés à mon arrivée pour laisser place à la curiosité, l’observation et la découverte.


Avant mon départ, je m’étais renseignée sur les instituts de langue arabe à Amman, j’avais ainsi réservé un mois de cours intensifs (5h de langue par jour tous les matins). Comment cela s’organise ? Le premier jour vous passez des tests de langue afin de définir votre niveau, puis vous êtes intégré dans un groupe. Vous découvrez ainsi vos différents professeurs qui interviendront ainsi que les autres stagiaires, qui ont parfois commencé le stage quelques jours avant vous. Ensuite les cours sont dispensés exclusivement en langue arabe (avec parfois si nécessaire un recours à l’anglais) et fortement axé sur l’oral. Je vous certifie que l’on y progresse très vite. Ce qui est à mon sens très intéressant sur le plan de l’enseignement c’est qu’il ne s’agit pas des mêmes modes d’enseignement qu’en France. A Titre d’exemple, on nous a fait étudié des sourates du Coran dans un objectif culturel afin d’enseigner les temps de l’Islam qui rythme la vie quotidienne des musulmans. Lors des temps consacrés à l’oralité, il était interdit de recourir à nos cours, à un dictionnaire ou encore d’écrire des notes, il fallait que l’on apprenne à se servir de nos mots et que l’on apprenne surtout à faire confiance au bagage que l’on avait même si notre expression n’était pas parfaite tant qu’elle était compréhensible.


Enfin, en dehors de l’enseignement, ces instituts regroupent des étudiants de tout horizon et de tout âge. C’est donc un brassage culturel très instructif. J’étais en classe avec des Espagnols et des Italiens, qui n’ont pas les mêmes structures universitaires que nous en France. Avec eux je discutais en arabe ou en espagnol. Ensuite le midi, nous déjeunions avec tous les élèves, tous niveaux confondus. On parlait donc en arabe ou en anglais. De fait, en 5h de cours je me retrouvais à parler : Anglais, Arabe, Espagnol et très peu en Français. D’autant plus que dans la société jordanienne lorsque l’on ne se fait pas comprendre en arabe on peut toujours avoir recours à l’anglais mais pas au français. J’étais donc, en dehors des rencontres francophones que j’ai pu effectuer, perpétuellement en langue étrangère dans mon cerveau. Et cela véritablement ça vous fait progresser.

En dehors des cours, j’en ai profité pour visiter le pays. Avec deux rencontres effectuées sur place nous avons loué une voiture les weekends. Nous organisions donc au fur et à mesure notre séjour : location de voiture, réservation d’auberge…et le tout en arabe. A cet effet, on se retrouve dans des situations de la vie quotidienne bien souvent éloignées des cours appris par cœur à l’école (formulaire de location de voiture/ contrôle policier…). Je me rappelle qu’au Liban avec une amie on descendait dans le Sud du pays (classé en rouge par la carte de la MAE) et que lors d’un contrôle de routine à check-point, un militaire en nous rendant nos passeports nous a dit « Allah Ma3ak » (Dieu est avec toi). Si l’on traduisait mot à mot cette phrase, je l’interprêtais comme une mise en garde, donc je commençais à me dire nous devrions peut-être pas y’aller, c’est peut-être dangereux. Finalement, on a appris que c’était une formule cordiale très courante. Tout cela pour vous dire qu’en voyageant on n’apprend pas seulement une langue comme moyen de communication, on apprend également une langue comme support de culture, de civilisation et l’on apprend à s’extraire de ces propres référents.


Après ce premier séjour linguistique en Jordanie, j’ai effectué des stages de langue à Beyrouth à l’Université St Joseph. Plus aguerrie en langue et au sein de la société, ces stages représentent désormais des lieux de rencontre entre étudiants, universitaires et professeurs et donc de potentiel opportunités professionnelles. Ils permettent d’intégrer le milieu universitaire, de nouer des contacts et en conséquence d’être informer sur la société : événements, débats, conférences, activités…
Et concrètement après le stage ? D’un point de vue linguistique ces stages sont très formateurs, ils permettent d’améliorer sa compréhension et son expression en langue étrangère de manière rapide. A titre personnel, me rendre compte que j’étais capable de me faire comprendre à l’étranger dans la vie de tous les jours a été un véritable déclic qui ma donner confiance en moi. Ensuite, en dehors de l’aspect linguistique ce sont des atouts à valoriser dans vos CV. De plus, les instituts délivrent des attestations de présence mentionnant également votre niveau. Certains d’entre eux vous proposent également de passer les tests du CLES (il s’agit d’un examen qui évalue votre compréhension et expression, écrite et orale, en langue étrangère et détermine votre niveau du A1 au C2, il a une reconnaissance européenne). A titre personnel, lors de mon stage de langue en arabe littéraire à l’Université St Joseph de Beyrouth, j’ai validé le test CLES niveau C1. Mentionné sur mon CV, il prouve à un employeur mon niveau, celui-ci n’a donc pas besoin de me soumettre à des tests. Ces tests de langue peuvent être sollicité pour postuler à certains postes, pour justifier de votre niveau de langue dans le cadre de projets de recherches (inscription en doctorat par exemple/ atout à l’obtention d’un financement de recherche) ou encore pour postuler à l’étranger. J’ai récemment déposé un dossier de candidature pour être assistante de français dans un pays arabe pour lequel un niveau de langue était requis. A cet effet j’ai pu valoriser mes stages en expliquant avoir connaissance des méthodes d’enseignement effectif dans ces pays, et présenter mon attestation CLES illustrant mon niveau en langue.
J’espère que ce récit a pu être utile à certain(e) et qu’il vous donnera envie de voyager. Les stages de langue sont à mon sens un bon compromis pour ceux qui hésitent, qui ont des appréhensions et pour vos proches qui s’inquiètent. Ils vous permettent de progresser en langue, de rencontrer d’autres étudiants et parfois de nouer des relations professionnelles. En plus, ils vous laissent du temps libre pour visiter le pays dans lequel vous êtes et pratiquer la langue.

Quelques informations complémentaires :


Comment choisir son institut de stage de langue : de nombreux instituts de langues bénéficient de site internet et de pages sur les réseaux sociaux, n’hésitez pas à les consulter. Regardez et comparez les offres de cours et leurs prix. N’hésitez pas à poser des questions, ces stages représentent un coût il est donc tout à fait normal de s’assurer des prestations. Vous pouvez également consulter les commentaires. Certains instituts proposent des formules de logement chez l’habitant/ ou des logements en colocation avec d’autres étudiants. Certains encore organisent des excursions auxquelles ont peut souscrire.


Comment ça s’organise sur place : vous réglez le stage à votre arrivée, vous passez des tests de langue et vous intégrez un groupe. Vous avez la possibilité de demander à changer de groupe si celui-ci ne répond pas à vos attentes.


Quelques adresses utiles pour les stages de langue arabe au MENA : Indéniablement vous avez les stages de langue intensif dispensé par l’IFPO (Liban et Jordanie) l’été et par le DEAC (Egypte) toute l’année. Vous avez également des services universitaires qui dispensent des cours en période estivale comme ceux de l’Université St Joseph de Beyrouth (j’ai effectué deux stages chez eux). Vous avez encore des instituts privés tels que Ahlan (testé en Jordanie, présent en Egypte et au Maroc) ou encore Saifi institute à Beyrouth (recommandé par de nombreuses connaissances) qui proposent de nombreux courts (arabe littéraire, arabe dialectal, arabe des médias…) et ce toute l’année.


En dehors des instituts vous pouvez contacter des professeurs dispensant des cours particuliers. Vous pouvez trouver leurs contacts sur les sites des ambassades, sur les réseaux sociaux (sur Facebook vous trouverez de nombreuses pages concernant des cours de langue par pays) ou encore sur place à l’arrivée dans le pays directement auprès des universités.


En plus :


*Pour les instituts qui dispensent des cours toute l’année il est possible de les intégrer à n’importe quel moment de l’année. Il est souvent demandé de suivre 2 semaines de cours maximum. A titre personnel, tout dépend de votre motivation, de vos capacités à allier vie à l’étranger et cours (et de votre budget) mais 3-4 semaines c’est l’idéal pour commencer à voir les progrès. Si vous avez la possibilité de poursuivre c’est vraiment top car vous allez pouvoir passer des paliers.


*Information prix : les prix varient selon les formules de cours (cours extensifs : 3h par jour/ cours intensifs : 5h par jour), les formes de cours (cours particuliers plus onéreux que les cours collectifs) et le nombre de semaine que vous envisager.


Le CLES : vous pouvez le passer lorsque vous êtes étudiant à l’université. L’institut du Monde Arabe à Paris propose des sessions depuis 1ans. Vous pouvez enfin le solliciter auprès des pôles emplois.

Enfin

N’hésitez à nous contacter pour plus de questions et laissez vos avis et vos ressentis en commentaires….

A très vite.

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