Tout seul on va plus vite, avec l’Autre on va plus loin.

Tout seul on va plus vite, avec l’Autre on va plus loin.

Amel 18 ans, nous partage son introspection

L’Autre ce n’est pas moi, c’est tout ce qui m’est étranger. Il peut paraitre loin de moi tout en étant à mes côtés. Parfois, je ne le comprends pas même si d’apparence il me ressemble. Imprévisible à certains moments, ses actions me semblent parfois incohérentes. Nos différences peuvent nous unir comme nous séparer mais pour moi, il m’invite à la tolérance et au partage. Il m’apprend la générosité, la satisfaction car c’est auprès de lui que je prends conscience de ce que je suis et de ce que j’ai.

L’Autre est pour moi une source d’inspiration, un modèle, une force sur qui je peux compter et avec qui je peux m’associer pour vivre mes rêves.
Cela peut paraitre très contradictoire mais avec l’Autre je suis parfois plus folle car il me suit dans mes projets et me donne encore plus de force. D’autres fois, il me rappelle à l’ordre, me raisonne. Il peut se montrer rassurant car parfois, quand je prends des décisions dans ma vie, avoir son approbation me conforte dans mes choix et me rend plus sereine. Près de cet autre, il est important de garder ses distances, ses conseils peuvent m’être bénéfiques comme ils peuvent me mettre à terre surtout quand la jalousie entre en jeu.

Dans un couple, l’Autre me complète, il devient mon partenaire, mon compagnon, mon bras droit, mon complice. C’est avec lui que j’échange, discute, crée du lien, apprends, ris ou pleure. C’est grâce à lui que ma vie est ponctuée d’émotions, de changements, d’aventures, sans lui, elle serait linéaire, sans encombres. Même si parfois l’Autre m’exaspère et attise ma colère, je me raisonne et imagine ma vie sans lui. Une vie seule, sans paroles, sans rires, sans émotions, sans liens, une vie sans vie.

Le risque face à l’Autre est de me perdre sans même m’en rendre compte. l’Autre peut devenir trop envahissant. Toujours le faire passer avant, peut me faire oublier moi- même. Parfois, le simple fait de prendre du temps pour moi, pour me recentrer me permet de rester moi et de ne pas devenir l’Autre.

Ainsi, cet Autre qui est toujours là, constamment près de moi, attire ma curiosité.
Souvent, près de cet inconnu, je me sens réticente, j’émets des jugements dès le premier abord. Je sais que sans le vouloir, de façon inconsciente, le physique de l’Autre est le premier critère qui va m’inciter ou non à aller vers lui. Certaines personnes m’apparaissent dans les premiers instants comme étant agréables, sympathiques, rassurantes et à l’inverse d’autres me rendent plus craintive, soucieuse. Alors oui, je suis sure que parfois je suis passé à côté de nombreuses personnes géniales qui auraient peut-être changer ma vie mais à cause de ce physique si important au départ nous n’avons pas échangé. La communication devrait aller de paire avec cet Autre, mais quand je prends du recul, je me rends compte qu’elle n’est pas forcément automatique. L’Autre m’incite à me comparer sans cesse. Parfois cela m’apporte et m’aide à me fixer de nouveaux objectifs, d’autres fois cela m’effondre et me fait perdre toute confiance en moi. Sur les réseaux sociaux, quand je vois tous ces gens beaux, riches, heureux, ayant des « vies de rêve », voyageant sans cesse, ayant pleins d’amis je me remets en question. Même si sur les réseaux sociaux, les gens se montrent sous leurs meilleurs angles, même si les retouches d’images existent, même si cela n’est que l’apparence qu’ils veulent monter, il m’arrive d’y croire.

A l’inverse, les Autres sur les réseaux sociaux peuvent également m’inspirer, me donner de nouvelles idées, me faire découvrir de nouvelles choses. Certains peuvent même devenir des exemples et des sources de motivation. Alors, j’ai compris. Ce qui compte avec l’Autre c’est de savoir par quel angle l’appréhender, c’est de garder une distance tout en restant suffisamment proche pour tisser du lien. Finalement, c’est de voir en lui ce qui peut nous apporter et en quoi on peut se compléter.

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